Quelques photos des chantiers « plantations »

Du point de vue de la végétation, le terrain est constitué de 7 zones :

  1. un jardin d’aromatiques et médicinales près de la maison, avec deux petites serres, une bâchée et une en dur.
  2. un jardin « aquatique » sous la maison, au bord de la rivière. Cette zone est régulièrement inondée en hiver. Ces deux zones « basses » du terrain sont séparées par une route du reste du terrain, qu’on appelle « terrain du haut ».
  3. une 1re partie plate sur le terrain du haut : cette zone est un ancien champ qui a été cultivé pendant des décennies pour produire de la patate. Le sol est pauvre et a été dégradé. Nous y avons cultivé un potager, mais désormais nous y positionnons les îlots de notre jardin-forêt.
  4. une 2e partie mitoyenne de la première : c’est un vieux verger de pommiers et de pruniers. Au bout se trouve notre parking.
  5. une zone très en pente qui est un ancien pâturage où nous avons créé un nouveau verger et aménagé « le chemin de Nino » qui monte et mène à la grande tente de travail.
  6. le haut du terrain où se trouve la grande tente où nous organisons les stages de yoga, les stages à thème et les séminaires de guérison chamaniques.
  7. une partie boisée que nous laissons prospérer sans aucune intervention, ni visite de notre part.

1. Le jardin d’aromatiques et médicinales

Petit à petit, nous avons planté de plus en plus d’aromatiques et de médicinales dans ce petit jardin. Les précédents propriétaires y faisaient de la production de plants et avaient installé des bacs en terrasse pour cultiver. Nous les avons donc investis avec nos plantes : différents thyms, des lavandes, romarin, sauge officinale, basilic, shizo, valériane, houblon, mauve et guimauve, reine des prés, camomille, achillée, etc. Selon les années et nos disponibilités, les productions varient, surtout pour les annuelles qui demandent plus de travail (semis, arrosage, désherbage…).

La sauge officinale, plusieurs années après plantation !

Il y a également deux serres près de la maison : une serre en tôles ondulées transparentes et une serre bâchée.

  • La première nous sert à ranger de l’outillage et du matériel de jardinage (pots, godets, plaques, arrosoirs…) et un jujubier pousse à l’intérieur, sûrement planté par les anciens propriétaires.
  • La deuxième serre a servi certaines années pour des plantations occasionnelles comme des patates douces ou de l’ashwagandha (une plante médicinale). Nous y avons installé un goutte-à-goutte branché à une tonne à eau récupérant l’eau de pluie des toits.
Si on laisse faire, ça pousse très haut !
On répare les trous au scotch transparent.

2. Le jardin « aquatique »

Un jardin d’ornement se trouvait là quand nous avons acheté le lieu. C’est une zone inondable au bord du ruisseau, il déborde régulièrement en hiver lors des fortes pluies. Nous ne nous en sommes pas vraiment occupé de cette zone et nous n’y allons quasiment jamais. Nous y avons planté des osiers qui vivent très bien les pieds dans l’eau. Ils nous serviront peut-être à faire de la vannerie quand ils seront grands, qui sait ?

La crue de 2021 : cette zone 2 (au milieu) est entièrement sous l’eau !
Plantation des osiers en 2024
Bébé osier deviendra grand…

3. L’ancien champ du terrain du haut : du potager au jardin-forêt

La partie haute du terrain présente une grande zone plane. C’est là que l’ancien propriétaire faisait ses pommes de terre pour sa consommation perso, et où son père avant lui produisait à l’époque 10 tonnes de pommes de terre par an qu’il vendait au marché de Castres ! Ces années de culture ont, semble-t-il, abîmé le sol. Les plantes bio-indicatrices qui poussent spontanément montrent un sol dégradé. Il faut du temps dans ce cas pour qu’il se régénère. Notons qu’une source débouche dans un coin de cette zone et qu’elle alimente une grosse cuve en béton dans laquelle on peut puiser pour arroser.

Au niveau des cultures sur cet espace, nous sommes passés par différentes phases. Nos expériences nous ont beaucoup fait réfléchir et discuter. Ce cheminement nous a finalement entraînés du potager classique au jardin-forêt, en passant par le potager en permaculture.

Le potager classique

À notre tour, nous y avons planté des pommes de terre aux printemps 2020 et 2021, mais en étant beaucoup plus modérés (seulement 20kg). Ce n’est certes pas beaucoup, mais mine de rien, on est tous repartis plusieurs fois avec des patates dans nos sacs ! 😀 C’était la mise en route.

Nous avons paillé une partie de ce champ en février 2020 pour préparer la terre à nos cultures d’été. Nous y avons planté beaucoup de légumes : côtes de blettes, courges diverses, tomates de nombreuses variétés différentes, aubergines, poivrons, physalis, un peu de maïs… De plus, nous y avons mis des plantes médicinales (armoise annuelle, soucis, sauge, consoude…), aromatiques (persil, tanaisie…) et mellifères (bourrache).

En 2022, nous avons géré les choses autrement. En grand, pour avoir du rendement ! Nous avons organisé des grandes sessions de plantation avec le plus de monde possible. Ça nous a permis de planter de grande quantité de légumes. Pommes de terre (plus que 20kg cette fois !), pois chiches, blettes, fèves, tomates, aubergines, poivrons… Nous avons également installé 3 tonnes à eau au-dessus de cette zone pour pouvoir arroser par gravité. Nous les remplissons grâce à une pompe de relevage qui puise l’eau tout en bas du terrain (eau de source qui arrive dans une mare).

Les 3 tonnes en place (en vrai, le voisin nous a aidés avec son tracteur !).

En 2023, nous avons testé l’association de culture des « Trois Sœurs » utilisée traditionnellement en Amérique Latine : maïs, courge et haricot. Le maïs fait de l’ombre aux deux autres plantes qui couvrent le sol et qui, en retour, gardent le pied des maïs au frais 🙂 L’association semble bien fonctionner, mais nous avons semé trop serré, c’est vite devenu galère à désherber et à récolter…

Nous avons également planté quelques arbres fruitiers autour de la zone : pruniers, pêchers, pommiers, cerisiers, figuiers, mais aussi un tilleul.

Le potager en permaculture

À partir de 2024, nous avons fabriqué deux grandes planches potagères coffrées avec des planches : 1,20m de large sur 20m de long. Nous y avons mis beaucoup de matière organique (paille, feuilles mortes…) pendant l’hiver afin d’enrichir et de préparer la terre, parfois des cartons aussi. Puis, nous y avons planté des légumes. Nous avons souhaité y mettre des légumes vivaces ou qui pouvaient se resemer tout seuls : oseille-épinard, choux Daubenton, topinambours, etc. Mais aussi plus classiquement courgettes, tomates, salades, courges Butternut… La production a été meilleure et la gestion facilitée, notamment par l’installation d’un goutte-à-goutte. Finies les corvées d’arrosage au tuyau ! En effet, nous avons installé ces planches tout près des 3 tonnes à eau.

Nous avons également installé des vignes le long de ces planches pour y faire naturellement de l’ombre en été et nous éviter l’installation de voiles d’ombrage. Nous avons fait courir ces vignes sur des câbles tendus entre de grands poteaux métalliques de 2m de haut. C’est du travail d’installation, mais une fois que c’est fait, on est tranquille pour des années !

L’idée était vraiment d’avoir moins de travail humain à fournir et de laisser davantage la nature faire les choses pour nous, pour que ce système soit le plus durable possible.

Le jardin-forêt

Toutefois, au terme de ces années de potager, nous sommes parvenus au constat que nous manquions de temps pour bien nous occuper de ces plantes, surtout avec les canicules à répétition… Plusieurs déceptions nous ont fait réfléchir et réorienter la destination de cette zone. Nous avons abandonné l’idée d’installer deux planches de culture supplémentaires, parallèles aux deux premières.

Début 2025, nous avons donc décidé d’y créer un jardin-forêt en implantant de nombreux îlots multistrates avec des espèces plantées serrées et complémentaires du point de vue des services et des besoins écosystémiques.
Les différentes strates sont la strate couvre-sol, la strate basse, la strate arbustive, la strate arborée, la canopée et la strate grimpante. L’idée est donc de mettre dans un même îlot au moins une plante de chaque strate. Sur une petite surface, on démultiplie ainsi la production car les plantes ne se gênent pas entre elles.
Du point de vue écosystémique, on considère que certaines plantes ont des besoins que d’autres peuvent combler en apportant ce qui manque. Les fonctions concernées sont l’apport de matière organique, la remontée de minéraux des profondeurs du sol, le fait d’attirer des pollinisateurs, les aspects de brise-vent et d’ombrage, etc.
Par exemple : la vigne (grimpante) a besoin d’un support et d’azote dans le sol, tandis qu’elle fournit de l’ombre. Il est donc intéressant de la planter proche d’un cerisier (arborée) dans lequel elle pourra grimper, de planter tout proche un Elaeagnus (arbustive) fixateur d’azote et de cultiver en dessous des petits fruits (strate basse) qui aiment bien la mi-ombre comme les groseilliers.
On essaie donc de croiser ces informations et contraintes afin de composer un îlot avec des plantes complémentaires : strates + besoins et services + caractéristiques pédologiques et climatiques de notre terrain + nos envies et besoins. Et puis, il n’y a plus qu’à…

Pour commencer, nous avons constitué les îlots autour de végétaux déjà implantés sur cette zone : un bosquet de deux pêchers et un noisetier, puis une grande vigne.

Nous vous invitons donc à lire les articles du blog consacrés à ce sujet du jardin-forêt.

Notre premier îlot construit autour de deux pêchers et d’un gros noisetier sauvage.

4. Le vieux verger

Quand nous avons acheté le terrain, nous avons hérité d’un verger ancien 🙂 ❤️ Plusieurs variétés de pommes, quelques pruniers, un vieux cerisier et un noyer. En dehors de cette zone, il y a aussi plusieurs autres arbres fruitiers disséminés sur le terrain : pêchers, pommiers, noyers, figuiers…

Notre principal travail sur cette zone est d’entretenir les arbres en les taillant légèrement l’hiver et en coupant des branches mortes. D’ailleurs, à ce propos, nous recommandons les très bonnes formations d’arboriculture du verger conservatoire de Puycelsi 😉

En 2020, la récolte a été bonne. Nous avons pu identifier et goûter les différentes variétés présentes dans cette zone. Il y a une intéressante diversité de pommes, avec la possibilité d’en récolter de juillet à octobre ! En effet, la saison démarre en juillet avec la pomme Blanche de juillet, une précoce très savoureuse pour les tartes, et la récolte s’étale jusqu’à l’automne avec la Calville Rouge d’automne et une autre variété indéterminée.

Toutefois, les circonstances météo ont empêché plusieurs années de suite que ce verger ne fructifie correctement. En 2021, c’était les gelées tardives qui ont grillé toutes les fleurs. En 2022, c’est la canicule qui a poussé les arbres à lâcher leurs fruits. En 2023 et 2024, les gelées tardives de nouveau. Cependant, en 2025 et 2026, nous avons pu récolter de la Blanche de juillet.

5. La zone en pente : un nouveau verger et le chemin de Nino

Tout en haut de la parcelle, bien au-dessus du potager, il y a une zone en pente surmontée surmontée d’une autre zone plane. Dans cette zone en pente poussent naturellement de nombreuses espèces : noyers, noisetiers, châtaigniers, chênes, frênes, cerisiers, pruniers sauvages, aubépines…

Nous y avons planté d’autres arbres à partir de novembre 2020 et au cours les hivers suivant, certains achetés, d’autres produits chez nous. Des noyers, des amandiers, des noisetiers, un olivier, des pommiers, des pruniers, des pêchers de vigne, des figuiers, etc. Ça nous a fait des sacrés chantiers plantations ! D’autant que sur une partie de la pente, nous avons arraché une partie des genêts qui poussaient là et menaçaient de fermer le milieu.

6. Le haut du terrain avec la grande tente

Nous avons choisi la zone la plus large et la plus plate disponible pour y implanter, moyennant des travaux de décaissement et de nivelage, la grande tente de travail (voir page suivante). Cette zone est laissée relativement libre de son évolution et se transforme petit à petit en chênaie. Des aubépines, des cerisiers sauvages, des houx poussent également tout seuls. Nous y avons planté quelques fruitiers : un nectarinier, des cornouillers mâles, des pruneliers et un poivrier du Sichuan. Nous entretenons simplement les chemins en taillant les branches qui poussent dans le passage et en passant la débroussailleuse.

Cet endroit en vraiment très agréable, car nous sommes calés entre les arbres qui nous font de l’ombre en été et nous avons les chants des oiseaux tout proches. Des insectes, des lézards (des gros lézards verts parfois !) et de temps en temps des campagnols et des rats s’invitent dans la tente quand elle n’est pas utilisée.

Cette zone communique avec un chemin de grande randonnée, idéal parfois pour partir dans la nature faire une balade ou des exercices pendant nos séminaires de guérison chamanique (en août chaque année !).

La grande tente au milieu de la végétation.

7. La partie boisée sauvage

Cette zone, qui représente environ un sixième de notre terrain, se trouve en dessous de la grande tente. Nous n’y allons jamais et la laissons libre de son évolution. De grands arbres poussent là. Chênes, châtaigniers, sapins, frênes, houx, etc. De nombreux arbres morts restent sur place, à la grande joie de la faune et des champignons. Dans un creux au pied d’une paroi rocheuse, il y a une petite construction en pierre à moitié effondrée : c’est l’ancien point de collecte d’une source qui arrive là et qui ruisselle jusqu’à la route en contrebas. Cet endroit en trop éloigné de nos zones de culture, donc nous le laissons en l’état.

Page suivante : quelques photos des chantiers « aménagements »

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